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Lundi 22 : Au petit matin, j'ai la désagréable
surprise de voir une immense île flottante accrochée à l'avant de mon
bateau. D'habitude je dégage le tout à l'aide de la machette en faisant bien
attention de ne pas trop y mettre les mains à cause des serpents ou autres
sales bestioles susceptibles d'habiter ces îles, mais cette fois la tâche est
trop importante et je vais changer de technique :
| Le principe est de faire pivoter le bateau de
180 ° pour présenter l'arrière du bateau au courant qui se chargera
tout seul d'enlever les îles. Pour cela j'utilise le bras de Spi que je
croche sur la chaîne. Je décroche la patte d'oie (en rouge), il est
impossible de défaire les noeuds de chaise sous tension donc je les ai
coupé, il vaut mieux faire donc des noeuds de taquets simples ... |
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| Je met la barre à tribord toute, lâche de la
chaîne et borde le bras de Spi ce qui a pour effet de faire pivoter le
bateau. Parfois il faut s'aider des moteurs voire d'une annexe qui pousse
le travers arrière du bateau. |
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| Et finalement, j'ai le bonheur de voir ces
îles maudites partir. L'opération a tout de même duré une demi heure
car je n'osais pas couper ma patte d'oie. C'est juré : La prochaine fois
je ferai des nœuds largables sous tension. |
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Une fois dégagé, je peux reprendre ma route. La descente de l'Amazone est
assez pénible car le vent est face au courant et des vagues hachées contrarie
l'avance du bateau. Une fois arrivé dans le furo Ituquara, je vais accoster
prés de quelques maisons pour y passer la nuit. Mauvaise nuit car j'ai dut
choper un quelconque virus et un mélange d'angine, grippe sinusite (je ne suis
pas médecin) va m'empêcher de dormir plusieurs jours. Le lendemain je
reprend la route vers Breves en passant par des petits furo que je ne connais
pas encore (il est important d'avoir les cartes de détail) et je m'arrête
cette fois le long d'une scierie. Plusieurs brésiliens se mettent à l'eau
pour m'aider à m'amarrer et m'offrent un plat dont j'ai déjà oublié le nom
à déguster. Nous sommes le mercredi 26 juin, il est 7h00 et je reprend la
route, après deux heures de navigation, des brésiliennes s'approchent en
pirogue et m'invitent à venir voire la demi-finale de la coupe du monde
(Brésil - Turquie) chez eux. Le temps de mouiller par un fort courant de 3 nœuds,
elles viennent me chercher en pirogue et je vais assister à la fin du match et
surtout à la victoire du Brésil. Finalement je vais rester ici la journée et
la nuit suivante. En cours d'après midi je change le bateau de place ( 01°20,45
Sud - 50°22,81 Ouest ) car,
parait-il il y a beaucoup de bateaux qui passent la nuit et je n'ai pas envie
de me faire percuter. Je me ballade aussi avec l'annexe dans les petits furos
alentours, j'adore vraiment ces paysages. Le soir les brésiliens,
brésiliennes et enfants viennent boire l'apéro à bord, nous passons vraiment
une bonne soirée.
Le lendemain, après une dernière visite chez eux
et à leur petite scierie, je remet les moteurs en route et direction Breves.
Durant le trajet, comme d'habitude les adultes et enfants viennent me voir lors
de mon passage. Je ne peux évidemment pas m'arrêter à chaque fois et souvent
un simple geste de la main et leurs visages s'illuminent. Par contre quand il
s'agit que de jeunes filles ou d'enfants d'une dizaine d'années, je sais qu'il
vont essayer de s'accrocher à mon arrière pour jouer un peu. Aprés tout la
navigation sur les Furos est assez monotone et moi aussi je m'ennuie par
moment, alors j'ai trouvé une distraction :
Lorsque je m'approche des
pirogues, je m'écarte légèrement d'eux, ce qui les force à ramer plus vite
dans ma direction. Au dernier moment je change brusquement de cap et fait route
en plein sur eux! Là je rigole beaucoup de les voir manœuvrer à toute allure
et battre en retraite avec leur embarcation instable. Ils rigolent beaucoup de
la peur qu'ils ont eu et veulent généralement que je recommence. Je rassure
tout le monde, je garde toujours une grande marge de sécurité et n'ai jamais
touché personne. De retour à Breves, je retrouve un emplacement chez
Mecnas et revoie Amory qui toujours aussi accueillant me dit que je peux rester
autant de temps que je veux. Je vais rester jusqu'à la finale Brésil -
Allemagne. La fête commence dés ce soir : ça promet !
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