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Brésil - Marajo - Breves -> Gurupa -> Porto do moz -> Gurupa -> Breves (suite)


du 22 au 27 juin 2002

Lundi 22 : Au petit matin, j'ai la désagréable surprise de voir une immense île flottante accrochée à l'avant de mon bateau. D'habitude je dégage le tout à l'aide de la machette en faisant bien attention de ne pas trop y mettre les mains à cause des serpents ou autres sales bestioles susceptibles d'habiter ces îles, mais cette fois la tâche est trop importante et je vais changer de technique :

 
Le principe est de faire pivoter le bateau de 180 ° pour présenter l'arrière du bateau au courant qui se chargera tout seul d'enlever les îles. Pour cela j'utilise le bras de Spi que je croche sur la chaîne. Je décroche la patte d'oie (en rouge), il est impossible de défaire les noeuds de chaise sous tension donc je les ai coupé, il vaut mieux faire donc des noeuds de taquets simples ...
Je met la barre à tribord toute, lâche de la chaîne et borde le bras de Spi ce qui a pour effet de faire pivoter le bateau. Parfois il faut s'aider des moteurs voire d'une annexe qui pousse le travers arrière du bateau.
Et finalement, j'ai le bonheur de voir ces îles maudites partir. L'opération a tout de même duré une demi heure car je n'osais pas couper ma patte d'oie. C'est juré : La prochaine fois je ferai des nœuds largables sous tension.

Une fois dégagé, je peux reprendre ma route. La descente de l'Amazone est assez pénible car le vent est face au courant et des vagues hachées contrarie l'avance du bateau. Une fois arrivé dans le furo Ituquara, je vais accoster prés de quelques maisons pour y passer la nuit. Mauvaise nuit car j'ai dut choper un quelconque virus et un mélange d'angine, grippe sinusite (je ne suis pas médecin) va m'empêcher de dormir plusieurs jours. 

Le lendemain je reprend la route vers Breves en passant par des petits furo que je ne connais pas encore (il est important d'avoir les cartes de détail) et je m'arrête cette fois le long d'une scierie. Plusieurs brésiliens se mettent à l'eau pour m'aider à m'amarrer et m'offrent un plat dont j'ai déjà oublié le nom à déguster.

Nous sommes le mercredi 26 juin, il est 7h00 et je reprend la route, après deux heures de navigation, des brésiliennes s'approchent en pirogue et m'invitent à venir voire la demi-finale de la coupe du monde (Brésil - Turquie) chez eux. Le temps de mouiller par un fort courant de 3 nœuds, elles viennent me chercher en pirogue et je vais assister à la fin du match et surtout à la victoire du Brésil. Finalement je vais rester ici la journée et la nuit suivante. En cours d'après midi je change le bateau de place ( 01°20,45 Sud - 50°22,81 Ouest ) car, parait-il il y a beaucoup de bateaux qui passent la nuit et je n'ai pas envie de me faire percuter. Je me ballade aussi avec l'annexe dans les petits furos alentours, j'adore vraiment ces paysages. Le soir les brésiliens, brésiliennes et enfants viennent boire l'apéro à bord, nous passons vraiment une bonne soirée. 

Le lendemain, après une dernière visite chez eux et à leur petite scierie, je remet les moteurs en route et direction Breves. Durant le trajet, comme d'habitude les adultes et enfants viennent me voir lors de mon passage. Je ne peux évidemment pas m'arrêter à chaque fois et souvent un simple geste de la main et leurs visages s'illuminent. Par contre quand il s'agit que de jeunes filles ou d'enfants d'une dizaine d'années, je sais qu'il vont essayer de s'accrocher à mon arrière pour jouer un peu. Aprés tout la navigation sur les Furos est assez monotone et moi aussi je m'ennuie par moment, alors j'ai trouvé une distraction :

Lorsque je m'approche des pirogues, je m'écarte légèrement d'eux, ce qui les force à ramer plus vite dans ma direction. Au dernier moment je change brusquement de cap et fait route en plein sur eux! Là je rigole beaucoup de les voir manœuvrer à toute allure et battre en retraite avec leur embarcation instable. Ils rigolent beaucoup de la peur qu'ils ont eu et veulent généralement que je recommence. Je rassure tout le monde, je garde toujours une grande marge de sécurité et n'ai jamais touché personne. 

De retour à Breves, je retrouve un emplacement chez Mecnas et revoie Amory qui toujours aussi accueillant me dit que je peux rester autant de temps que je veux. Je vais rester jusqu'à la finale Brésil - Allemagne. La fête commence dés ce soir : ça promet !


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