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C'est reparti pour un petit d'une quinzaine de jours. Cette fois je part
accompagné de 'Vieil ours' avec Jannick et Maryvonne. Ils se dirigent pour
leur part vers Santarem et nous allons faire un petit bout de chemin ensemble.
La formule de voyager à plusieur bateaux m'intéressent d'avantage pour trois
raisons. Déjà, c'est plus sympa et ceci nous permet de passer de bonnes
soirées ensemble. Puis pour une question de sécurité, le fait d'être au
moins deux bateaux réduit considérablement le risque de piratage. Dernier
avantage pour moi, mon bateau étant plus rapide, ceci m'oblige à ne tourner
que sur un seul moteur et ma consommation de diesel diminue pratiquement de
moitié, mes moteurs fatiguent moins car je les alterne toutes les deux heures.
La première étape s'achève à la sortie du furo Aturia en face de Porto
capina (01°28,30
Sud - 50°46,74 Ouest) : Un ensemble de quelques maisons où nous
nous sentons en sécurité. Le mouillage par 7m. de fond est de bonne tenue et
les barges passent suffisamment au loin pour être tranquille durant la
nuit. Le lendemain nous repartons pour une étape de longueur équivalente
: Environ 25 miles à la vitesse de 5 nœuds sur un moteur ce qui nous fait
progresser à environ 3.5 - 4 nœuds du fait du courant contraire. Nous nous
arrêtons cette fois prés d'un groupe de maisons desquelles sort une myriade
d'enfants et nous envahissent dés notre ancre accrochée au fond. Position :
à la sortie du furo Floresta (1°08,7
Sud - 51°,54 Ouest). Nous y troquons quelques crevettes et
bananes contre du lait et des haricots rouges. Le fond est de bonne tenue et
nous ne bougerons pas malgré un violent grain qui nous passe dessus durant la
nuit. La troisième étape nous permet d'atteindre l'Amazone. Un fort courant
de 3 - 4 nœuds nous oblige à longer la côte de très prés afin d'avancer un
minimum. Le soir nous nous arrêtons sur des hauts fonds de 3 mètres par 1°14,5
Sud - 51°17,5 Ouest après avoir essuyé un violent grain juste
avant d'arriver. Les dauphins d'Amazonie appelés 'Botos' vont venir par
dizaines nous voir. Ils ne sautent pas comme les dauphins de mer et sont
parait-il dangereux. Ils sont de couleurs Grise, blanche ou rose et ne sont pas
vraiment jolis. Lors de notre mouillage au retour de Portel, nous nous étonnions
que les chiens aboient après eux. Les enfants nous ont racontés que c'était
fait pour les avertir du danger et qu'il fallait sortir de l'eau ... La
quatrième étape nous conduit à Gurupa, petite ville très sympa que nous avions à
peine eu le temps d'aprécier lors de notre passage avec le rallye. Nous
mouillons pas loin de la ville par 1°24,6
Sud - 51°39,15 Ouest. Nous mettons l'annexe à l'eau et nous
dirigeons vers un ponton pour accoster. Nous demandons si cela ne pose pas de
problèmes : Pas de problème ! Ici, au brésil, il n'est pas nécessaire de
cadenasser son moteur ou son annexe. Le seul problème vient du fait que mon
annexe en aluminium s'est fissurée et qu'au bout de cinq heures elle coule.
Nous allons prendre quelques bières, manger des brochettes et un peu inquiet
je rentre vérifier mon annexe. De nuit, après maints détours au milieu des
maisons et pontons nous finissons par retrouver l'annexe. Le ponton qui est
celui d'un abattoir de bovins et investis de plusieurs brésiliens qui
finissent d'éplucher un bœuf. Il nous souhaitent une bonne nuit et là je m'aperçois
qu'ils se sont occupés régulièrement d'écoper mon annexe pour ne pas
qu'elle coule. Ils ne me demanderont rien pour ce service ! Je raconte cette
anecdote pour ceux qui connaissent les Antilles et où le service n'est pas le
même ! Le lendemain après-midi, nous allons nous divertir dans un bar qui
fait dancing, nous sommes évidemment les seuls étrangers et nous sommes
royalement accueillis par les locaux. Le brésil et les brésiliens est
vraiment un pays sympa, je n'arrête pas de le répéter mais ils le méritent
largement. Le troisième jour au petit matin nous assistons au match Brésil -
Belgique : 2-0 pour le Brésil mais ils ont eu de la chance car les belges
jouaient mieux. Maintenant que la France a été pitoyablement éliminée de la
coupe du monde sans marquer un seul but, je suis un fervent supporter du
Brésil ! Le soir, je sort des cales une conserve de manchons de canards, ils
sont accompagnées de pommes de terre sautées et d'un côte du Rhône : Un
régal !
Le lendemain nous quittons Gurupa, direction Porto do moz. Après
avoir cherché notre chemin parmi les bancs de sables (toujours le problème)
nous nous arrêterons sur des bancs de sable derrière l'île de Jaburu par 1°35,44
Sud - 51°58,86 Ouest. Les fonds de 4 mètres sont toujours de
bonne tenue. Nous passons une derrière bonne soirée avec Jannick et Maryvonne
car demain, nos routes se séparent et ils prennent la direction de Santarem
tandis que moi je remonte le rio Xingu jusqu'à Porto do moz.
La
navigation s'effectue toujours sans problème, je verrai même des aras parmi
les arbres. En début d'après-midi j'arrive enfin à Porto do moz. L'eau y est
beaucoup plus claire que dans le rio Amazonia ou Para. Je peux enfin voir mes
hélices que je n'avais pas vues depuis des mois ! 
Porto do moz est réputé surtout
pour sa belle plage de sable blancs qui se situe un mile avant la ville par 1°44,06
Sud - 52°15,25 Ouest. Pour ma part je m'arrête juste avant la
ville par 3 mètres de fonds (....).
Le lendemain, je vais m'accoster à la station d'essence pour faire le plein de
diesel et surtout d'eau : L'affaire n'est pas simple mais après une demi-heure
de palabre un gamin brésilien trouve un autre tuyau que je relie au mien, ce
qui lui permet de s'occuper du remplissage de mon réservoir. Pour ce service,
il ne m'en coûtera qu'un Euro. Une fois les pleins faits, je me dirige vers la
plage où la vie est bien calme. J'en profite pour rédiger mon journal de bord
car je suis un peu en retard ces derniers temps. De plus il n'y a pas beaucoup
de cybercafés et je ne peux donc envoyer les mises à jour du site. Samedi
22 juin - 6h00, je reprend le chemin de retour vers Breves avec un arrêt prévu
à Gurupa. Après avoir quitté le Rio Xingu sur lequel il n'y a pas trop de
courants, j'arrive enfin au rio Amazonias. Là, le courant atteint de 3 à 5 nœuds
lorsque l'on est au centre du fleuve et j'ai le plaisir de voir au GPS que nous
filons à plus de 9 nœuds sur un seul moteur à 2000 tours. A cette vitesse,
j'arrive 7h00 après à Gurupa alors qu'il m'avait fallu deux jours pour faire
le trajet inverse. Nous passons à Gurupa une journée complète le temps
d'aller faire un petit tour au petit bar sur la plage, d'y boire quelques
bières en écoutant du bréga.
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