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De la Guyane au Brésil


Du 6 au 10 mai 2002

Je suis parti lundi dernier en solitaire de la Guyane avec comme destination le Brésil. Étant donné qu’il me restait encore 64 jours à consommer au Brésil cette année, que je me trouvais juste à coté, il aurait été dommage de ne pas en profiter.

Pour descendre de Guyane au Brésil, il faut naviguer face à un fort courant de 1 à 4 nœuds et avec un vent de face ou par le travers si on n’a de la chance. De plus pour corser la navigation, les hauts fonds s’étendent très loin au large, par conséquent des centaines de pêcheurs s’y retrouvent la nuit. Le problème étant qu’ils n’allument leurs feux de signalisation qu’au dernier moment. Il faut donc surveiller en permanence ces petits bateaux et il ne reste pas beaucoup de temps pour dormir.

Donc la première journée, j’ai bataillé dur pour m’éloigner de la côte et j’y suis arrivé à la tombée de la nuit en m’aidant toute la journée de mes deux moteurs. Vers 4h00 du matin, j’ai atteint des fonds supérieurs à 50 m. (limite de pêche des petits bateaux invisibles au radar) et j’ai pu donc dormir par tranches de 10 minutes en laissant le radar allumé.

La deuxième journée s’est très bien passée, le vent a tourné en ma faveur et le courant au large est moins fort 1 – 2 nœuds contre 3 – 4  la veille. La seconde nuit par contre a été assez dure car la mer était très hachée et le bateau a tapé violemment toute la nuit, donc je n’ai pas vraiment dormi. La troisième journée a été impeccable et la troisième nuit dure … Il y a eu des grains toute la nuit avec vent violent et dans tous les sens … je n’ai pas beaucoup dormi…

Malgré tout, le bateau a été très vite et je suis largement en avance sur mes prévisions. La quatrième journée : Le vent est passé face à moi et a pratiquement disparu : J’envoie un puis deux moteurs pour pouvoir arriver à la tombée de la nuit à l’embouchure de l’Amazone au sud de l’île de Marajo et pouvoir planter mon ancre durant la nuit. A 20h00 le bateau est enfin stoppé et je ne risque pas de me taper un tronc d’arbre dans les hélices.

Le lendemain, de bon matin et aidé par le courant favorable dut à la marée montante : Je me précipite en 4h00 à Soure ma première étape au tour de l’île de Marajo.

Je n’ai eu que deux problèmes durant cette traversée :

-         La girouette anémomètre a refusé de marcher dès le départ de Guyane : C’est embêtant car je fais mes changements de voilure en fonction de la vitesse du vent, mais surtout je ne peux plus avoir le pilote automatique en mode ‘Régulateur d’allure’ ce qui m’empêche de remonter efficacement au vent ou de faire du plein vent arrière.

-         Durant le quatrième jour, je me suis aperçu que les fixations des lattes sur la grand voile partaient car plusieurs vis se sont dévissées et que toutes tombent à la mer ! Il va falloir que je retrouve de nouvelles vis du même format à Belém si je veux remonter ma grand-voile.


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