|
Je me suis inscrit au Rallye des îles du soleil pour pouvoir remonter
l'Amazonie, un rêve pour beaucoup de personnes. Autant le dire tout de suite,
je ne regrette pas mon choix.
Au fil des pages sur le Brésil, je raconte tout le plaisir que j'ai à
être dans ce pays, l'Amazonie surpasse tout le reste.
Tout le long du rallye, nous sommes accompagnés par l'Alvaro Furtado, ce
bateau nous sert de guide au fil du fleuve, transporte l'organisation , 6
policiers et 6 pompiers pour assurer notre sécurité. A cela s'ajoute une
vedette de la marine. Nous étions vraiment protégé et cela avait de quoi
rassurer les craintifs après l'attaque dramatique du bateau de Peter
Blake.
D'ailleurs, en arrivant à Belém, nous avons eu la surprise de voir le
Seamaster (ex Antartica de JL Etienne) bateau de Peter Blake. Il était
mouillé juste derrière moi.
Nous avons passé quelques jours à Belem, où il faut bien le dire, la
ville ne vaut pas vraiment le déplacement, d'autant plus que le IATE CLUB où
nous étions était loin de tout et le moindre déplacement nous coûtait 20
réals (10 €) aller retour en taxi.
Puis nous sommes partis sur le fleuve. Les déplacements se font en convoi
avec l'Alvaro en tête suivi des 17 bateaux, la vedette de la marine fermant la
marche. Quand nous le pouvions nous déroulons un peu de génois, il m'est
même arrivé d'envoyer la Grand voile par moment. Les deux moteurs à 2250
tours, nous devons maintenir une vitesse surface entre 6 et 6.5 nœuds. Une
personne doit en permanence être à coté du pilote automatique pour garder le bateau dans
la file et surveiller les flots. En effet le gros danger de la navigation dans
ces fleuves et la présence d'herbes, de branches et par moment de gros troncs
d'arbres à la dérive. Pratiquement tout le monde a fait au moins une
rencontre entre ces bois et son hélice ... Pour ma part j'ai eu un peu d'herbe
(pas grave) et j'ai percuté deux fois des petits troncs avec mon étrave, rien
de grave donc. Donc la navigation même si elle est simple (personne n'a le mal
de mer) mérite quand même une attention de tous les moments. Tous les jours
il est aussi obligatoire de vérifier son moteur afin de ne pas avoir de
mauvaises surprises. Pour ma part j'ai consommé au total 1 litre 1/2
d'huile par moteur. Certains bateaux ont eu des problèmes moteurs ou de barre,
ils se font alors remorquer par l'Alvaro. Il m'est arrivé de remorquer aussi
à deux reprises des bateaux (panne de gasoil sur l'un et filtre à huile
percé sur l'autre). Une journée type de navigation commence par un réveil à
5h00 suivi par 8 à 12 heures de route au moteur. Lorsque l'on arrive, on est
plutôt fatigué. Sur l'Amazonie, il y a aussi du courant, c'est un paramètre très
important car il atteint 4 nœuds au milieu du fleuve et plus qu'un nœud le
long des berges, du coup on remonte l'Amazone en frôlant les berges et on
descend l'Amazone au milieu du fleuve. Autre souci rencontré sur l'Amazone :
Les jacinthes d'eau qui dérivent , se coincent dans le mouillage, grossissent grossissent
et finissent par arracher les mouillages. Elles s'accumulent parfois sur plus
de deux mètres d'hauteur. Il faut alors sortir la machette et batailler
pendant un long moment pour dégager le bateau. Les pompiers viennent nous
donner un coup de main à chaque fois, se mettent à l'eau et plongent pour
dégager le bateau.
Au cours des trois premiers jours, nous allons remonter le Rio PARA et
longer le sud de l'île de Marajo. Les paysages sont fabuleux, la végétation
s'élève à trente mètres de chaque coté des rives. Par moment au milieu de
cette végétation quelques arbres sont coupés et une maison en bois y trouve
sa place. A la vue du convoi, les femmes et les enfants prennent leurs pirogues
et viennent nous saluer. Ces gens ont un sens de l'accueil que nous n'imaginons
même pas lorsque l'on est en France. Il m'est difficile d'expliquer tout le
bonheur que j'avais à les voir venir nous saluer. Je suis littéralement tombé
amoureux de l'île de Marajo, ses paysages et ses habitants.
Breves
Première ville atteinte au bout de trois jours, nous bénéficions d'un
accueil impressionnant, les gens sont d'une gentillesse incroyable. Cette ville
est un petit paradis à mes yeux, nous y passerons trois jours d'un bonheur
absolu. Pendant les soirées (disons les nuits) je sors avec les policiers et
les pompiers, j'apprend à bien les connaître, des liens d'amitié forts se créent
entre nous. Nous y rencontrons aussi Lucien un français, sa femme (de Breves)
et leurs deux filles qui parlent parfaitement le français. Elles nous
serviront de traductrices au cours de notre séjour. Un jour nous faisons une
sortie en bateau local avec orchestre à bord, musique, danse et boisson à
volonté. Après 3 heures de balades à travers les Furo (petits canaux) nous
arrivons au but de notre voyage : Une balade en forêt avec un guide puis repas
et retour dans las mêmes conditions (musique, danse et boissons). Cette
journée est mémorable. Comme la nuit où nous avons assisté au Vava Show :
Vava est une idole des jeunes filles de 15 à 20 ans et c'est sous une
véritable hystérie qu'il a été accueilli sur la scène. Brèves est une
ville où il y a aussi 9 filles pour un garçon, et quand on voit la beauté
des indiennes on comprend mieux le mot paradis.
(ndlr : Tout le monde raconte qu'il y a entre 7 et 12 filles pour un
garçon, personnellement, même si elle existe, je n'ai jamais distingué une
si forte proportion).
Bref, on quittera avec beaucoup de regrets cette ville magique.
Remontée vers Santarem
Après Breves, nous allons remonter tranquillement l'Amazone jusqu'à Breves
en s'arrêtant à Gurupa, Almeirim, Monte Alegre. Des mouillages s'intercalent
entre ses villes. Heureusement car lorsque l'on est en ville, je me couche au
petit matin, consomme beaucoup de bières (1 € la bouteille de 66 cl). Donc
les mouillages nous permettent de reprendre des forces. A Monte Alegre, je
fête mes 40 ans accompagné de mes amis policiers, pompiers et marins. A
Santarem, je fais une plongée avec un copain pompier en pleine Amazonie, on
n'y voit rien (20 cm) et l'on doit se tenir par la main en permanence. C'est
une expérience fabuleuse pour moi même s'il n'y a rien à voir.
Alter do chao
C'est un petit mouillage dans une lagune avec des plages de sable blancs, un
petit paradis que l'on n'imagine pas trouver au fond de l'amazonie.
Descente de l'Amazonie
Avec le courant nous faisons des journées à plus de 100 miles, il n'est
pas rare d'avoir une vitesse de 10 nœuds sur le fond ! Sur le trajet retour
nous nous arrêterons à Praïna, ville dans laquelle des 'vacheros' (cow-boys)
vont formidablement nous accueillir et permettre à Corinne et Yoann de faire
du cheval.
Afua
Je croyais avoir découvert le paradis à Breves, ce n'était que les portes
! Ici les mots sont bien faibles pour décrire cette ville entièrement
plantée sur pilotis où le seul moyen de locomotion est le vélo, où les gens
sont d'une gentillesse à pleurer, où nous serons accueillis comme jamais nous
l'avons été ... Nous y passeront un moment de rêve. Mais toute chose à
une fin, le partie Amazonienne s'arrête, nous quittons l'Alavaro, les
policiers, les pompiers, les marins et Afua. Tout le monde a les larmes aux
yeux, les miennes ne sécheront qu'au bout de plusieurs heures.
Voilà, je pourrai écrire des heures durant sur l'Amazonie, sur la
gentillesse des gens, remercier tout le monde, notamment l'organisateur
Philippe Bourgeat sans qui je ne serai pas venu et qui m'a fait découvrir mon
paradis.
|