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14h00 : C'est reparti pour notre dernière traversée avant Salvador. Le vent
est toujours de 15 - 20 nœuds, nous risquons de l'avoir au prés : Cette
dernière étape risque d'être assez éprouvante. Le début qui consiste
à faire le tour de l'île est par contre très agréable, nous lâchons
rapidement Uhaïna qui devient un point à l'horizon. Comme toutes les nuits je
réduit la toile afin qu'elle soit plus tranquille. Quand Corinne prend son
quart, je réduit au deuxième ris la Grand voile : Le bateau continue à
avancer rapidement, à minuit nous tenons une moyenne de 8 nœuds. Au petite
matin, la moyenne est tout de même descendu et je renvoie toute la toile.
Seule ombre au tableau : Une des poignées du capot d'évacuation de secours
s'est encore cassée, conséquence de quoi, toutes les vagues qui tapent en
dessous rentrent un peu dans le bateau et je craint que la deuxième casse. Je
sécurise le tout avec de la garcette et croise les doigts pour que cela tienne
jusqu'à Salvador.
La journée, j'ai Raymond sur RIO qui se trouve 23 miles devant nous : Je
vais faire marcher le bateau pour essayer de le rattraper. A midi nous tenons
toujours une moyenne de 7,9 nœuds. Le soir je prend tout de même un ris,
Corinne l'enlèvera toute seule comme une grande à 4h00 du matin.
9h00 : Autre grand moment du voyage en bateau : J'ai envoyé le spinnaker,
les dauphins nous on rejoint et jouent entre les étraves, tout le monde est
sur les filets à l'avant à les admirer durant une heure, le bateau file nous
nous faisons régulièrement asperger par les embruns ... LE BONHEUR !
J'ai de nouveau la position de Rio : nous lui avons repris 9 miles en 24
heures. Durant les 24 dernières heures nous avons fait 184 miles !
Durant la nuit je cravache encore plus le bateau qui continue à tenir une
moyenne impressionnante (pour un bateau de croisière). Au petit matin, j'ai
Rio en VHF : Ils ne sont plus qu'à 6 miles devant nous, malgré le vent
soutenu, j'envoie tout de même le Spinnaker, le bateau accélère encore, surf
jusqu'à 13 nœuds. Mais d'un coup durant une rafale à plus de 20 nœuds, mon
vieux spi de 8 ans d'age explose et se transforme en lambeaux. Il ne me reste
plus qu'à récupérer les morceaux et me remettre sous génois. Une heure
après le vent chute et je regrette vraiment de m'être précipité pour
envoyer le spi car maintenant il ne risquerait plus rien et j'avancerai au
moins deux nœuds plus vite et en route directe. Il m'est impossible de
rattraper Rio dans ces conditions. Malgré tout à midi, la distance sur 24
heures est tout de même de 191 miles soit 8 nœuds de moyenne. La nuit, pour
qu'elle soit tranquille, j'affale toute la grand voile et navigue uniquement
sous génois. Inutile d'aller trop vite car sinon nous arriverons de nuit. En
approchant des côtes, il faut vraiment surveiller les petits bateaux de
pêche. Un gros chalutier par contre, malgré mon gros phare blanc braqué sur
lui, me fonce dessus : Je suis obligé de virer de 90° et envoyer les deux
moteurs à fond pour l'éviter ...
7h00 du matin, nous contournons le banc de sable par le nord, envoyons les
moteurs et touchons enfin terre 1 heure après Rio. Durant la matinée, Régis
qui vient d'effectuer la traversée en solitaire et avec qui j'étais en
communication BLU arrive quelques heures après nous. Nous attendons
Uhaïna et pouvons enfin fêter au champagne avec Rio et Régis la traversée.
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