|
Au bout d'une nouvelle nuit de navigation tranquille, nous arrivons au matin à
l'île de Sao Nicolao dans la baie de Tarrafal. L'escale est jolie et nous
sommes accueillis par le braiment d'un âne sur la plage.
Là, nous avons le plaisir de retrouver 'PETIT DELIRE' avec Yves notre
copain Québécois rencontré à Madère, mais pas de 'UHAINA' qui
devrait y être aussi.
Nous décidons d'aller faire une ballade à terre, mais la plage est envahie
par des gosses qui se précipitent sur les nouveaux arrivants pour proposer de
garder leurs annexes moyennant finances ! A notre arrivée, un type qui avait
utilisé leurs services, s'aperçoit qu'il lui manque sa ceinture de plomb.
Moyennant 500 escudos, les chenapans la lui ramènent dans les 5 minutes. Nous
sommes écœurés et du coup, je vais seule faire un petit tour avec les
enfants pendant que Philippe garde le canot et disperse la volée de gamins.
Les jours suivants, ils nous connaissent et ils rigolent en criant "non,
non" car ils savent que nous ne ferons pas appel à leurs services car
nous avons cadenassé jusqu'aux rames (notre seul moteur) !
Deux jours plus tard, 'UHAINA' enfin arrivé, nous partons faire une petite
excursion à l'intérieur de l'île. Nous prenons l'aluguer, c'est le taxi
collectif local, qui nous fait traverser toute l'île pour 200 escudos par
personne. La route est empierrée tout le long des 28 km jusqu'à Ribeira-Brava,
la ville de l'autre côté. Le voyage vaut le détour, l'intérieur de l'île
est superbe. Nous verrons un nouveau panneau routier qui indique dans un
triangle qu'il y a passage de femmes avec des charges sur la tête !
Effectivement, elle transportent tout de cette façon : les bidons d'eau,
d'énormes poissons et tout ce qu'on peut imaginer. Le midi nous faisons escale
dans un petit restaurant fameux avant le retour à Tarrafal en aluguer.
Nous nous sentons vite à l'aise sur cette île, c'est un endroit où l'on a
facilement envie de rester, les gens sont gentils et accueillants. D'ailleurs
un hollandais est arrivé ici en bateau il y a quelques années et il n'est
jamais reparti. Il s'est fait construire une maison qui domine la plage et y a
établi ses quartiers. Il s'occupe des enfants abandonnés (il y en a quelques
un parmi ceux qui traînent sur la plage) et essaie de les réinsérer en leur
trouvant du travail comme la pêche, le lavage du linge ou d'autres travaux.
C'est chez lui que nous trouverons une connexion Internet pour répondre à nos
messages.
Nous décidons tout de même de partir pour le Brésil après avoir refait
un petit avitaillement et le plein de gas-oil (Michel de UHAINA a fait venir un
camion citerne sur la jetée pour nous et les bateaux dans la baie). Cela nous
évitera d'aller à Mindelo qui a décidément bien mauvaise réputation : les
bateaux qui en viennent parlent tous d'agressions et de vols !
|