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Les nuits se suivent et ne se ressemblent pas...
Le vent tombe pas mal, ainsi que la puissance de mes batteries,
au point que je finis par mettre en route un moteur pour recharger ces
dernières.
2h00 : Alerte ! J'ai cru voir un feu clignotant droit devant
moi. J'écarquille les yeux et confirme le feu. Qu'est-ce ? En théorie, je
crois qu'il n'y a que les sous-marins qui ont l'autorisation de mettre des
flash pour se signaler. Dans la pratique : La SNSM (Société Nationale de
Sauvetage en Mer), les radeaux de survies et ... les filets dérivants sont
équipés de lampes flash. Prudemment je commence par m'écarter du flash,
j'arrive à le détecter à 1,5 miles devant moi au radar, avec il me semble, un
bateau en arrière plan. Je pense immédiatement à un filet dérivant avec le
bateau de pécheur qui le surveille. Pour éviter tout risque de me prendre
dedans comme lors de la sortie de Gibraltar, je vais réveiller Corinne pour
qu'elle puisse guetter d'éventuelles autres lumières plus faibles le long du
filet. J'arrête aussi le moteur, nous avançons prudemment à 3,5 nœuds.
Finalement j'allume la VHF et dans mon plus bel accent Shakespearien
je les appelle. "Fiching bote for ze sail bote zat colle you" ...La
réponse ne tarde pas à'arriver : "Yes ? ... Vous êtes français ?"
C'est un bateau français qui me répond et qui m'annonce rapidement que c'est
lui qui a mit la lampe flash pour pouvoir être facilement repéré par les
cargos ... Grrrrrrrr où va-t-on si tout le monde commence à mettre n'importe
quoi comme feux de signalement ? Il est vrai que moi même lorsque je n'ai pas
beaucoup de batteries et qu'il n'y a pas de bateaux proches du mien, je me
contente d'allumer uniquement mon feu de mouillage (simple ampoule en
tête de mât). Bref ! nous taillons un peu le bout de gras en VHF, ils
m'annoncent qu'ils vont à Palmeira sur l'île de Sal au Cap Vert, et moi à
Sao Nicolao mais qu'il peut me retrouver en BLU le lendemain sur 13 940 mhz
avec d'autres "maritimes mobiles" (bateaux).Puis nous nous séparons,
nos routes n'étant pas les mêmes et lui ayant un plus petit monocoque, nous
nous perdons de vue assez rapidement.
Du coup je reste à la voile et essaye de faire marcher le
bateau avec les caprices du vent qui est assez faible mais vire de 60°
régulièrement. De plus étant vent arrière avec un catamaran sans tangon,
c'est la galère. Je vais passer la nuit à empanner et ré empanner, à
essayer de trouver mon chemin avec une vitesse correcte. Je ne dormirai pas et
à 6h30, lorsque le vent est à peu près stable, dégoutté, je vais
réveiller Corinne pour qu'elle me remplace.
Durant la journée, en discutant avec Corinne, nous décidons
d'aller aussi sur l'île de SAL car ç'est plus près et que nous aurons
d'avantage de chances de trouver une carte de Salvador de Bahia parmi les
bateaux mouillés. Le seul souci étant que nous avons donné rendez-vous à
Uhaïna sur une autre île et qu'il n'a pas de BLU pour le lui signaler.
La journée va être sans souci, la mer est belle, le vent est
presque parfait, les poissons volants sont de retour (signe que nous approchons
des alizés).
En radio, j'arrive à avoir faiblement Olivier ainsi que
d'autres stations : Robert qui s'occupe du suivi des bateaux de 'Voiles sans
frontière' ainsi que Lionel (celui qui avait le Flash la nuit
précédente).
Si les conditions de vent restent identiques, je pense pouvoir
arriver de jour à Palmeira le lendemain. Je vais tout faire pour cela car
l'arrivée de nuit est fortement déconseillée.
Jusqu'à minuit ... tout baigne, nous sommes encore dans les
temps pour arriver de jour.
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