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Canaries --> Cap-Vert (1er jour)


10 Novembre 2001

C'est sur, aujourd'hui nous quittons les Canaries pour le Cap-Vert. En y pensant le matin, je n'arrive plus à dormir et me lève à 5h00 pour établir la liste des choses à effectuer avant de partir :

  • Trouver des rondelles pour mon moteur, celles qui fuient de temps en temps et grâce auxquelles le bateau sent bon le gas-oil. Finalement, je n'en trouverai pas et appliquerai la méthode que m'a donné un Belge à Gibraltar : "Recuire à rouge la rondelle de cuivre sur la gazinière et la remettre en place". J'ai appliqué cette méthode et ça marche super.
  • Ranger le spinnaker qui encombre la chambre de Yoann. En effet le voilier qui devait me refaire un sac à spi neuf est venu la veille au soir me ramener l'ancien en s'excusant car il n'a pu trouver à temps du tissu pour le réaliser. Il a néanmoins recousu tant bien que mal l'ancien et n'a surtout pas voulu que je le paye.
  • Ranger la bouteille de gaz : C'est toute une histoire ce gaz. A bord, j'ai fait installé une bouteille de 13 kg dans un coffre au pied de mat. Marque espagnole REPSOL en me disant qu'il sera plus facile dans le futur de trouver des bouteilles équivalentes aux Canaries ou dans les pays hispaniques. Lorsque j'étais à Madère, en rentrant au bateau, j'ai vu un camion qui remplaçait des bouteilles de gaz dans un café, et en les regardant bien, c'était les mêmes que la mienne. Je bondis sur l'occasion et pour 200 FRF en achète une autre de remplacement car la première va bien finir par s'épuiser. Arrivé aux Canaries, je vérifie tout de même que la seconde se monte correctement sur mon détendeur : Et bien non ! Ce n'est pas tout à fait le même embout. Je vais voire Jean-marc, qui lui a acheté à Madère la bouteille et son détendeur : C'est encore un autre modèle. Pendant deux jours , je vais attendre le camion de gaz et puis finalement, grâce à l'aide de Michel, nous partons un beau matin en voiture pour trouver une pompe à essence où échanger ma bouteille de gaz de Madère contre une autre espagnole que je pourrai monter sur mon détendeur.  Au bout d'une heure, nous trouvons une pompe à essence 'EPSA', le gars nous dit qu'il faut aller au bureau juste à coté. En fait de bureau, c'est le siège social d'EPSA et nous nous trouvons tous les deux, armés de notre bouteille au milieu d'un grand service. Nous allons y passer 1 heure avec cinq personnes autour de notre cas. Ils ne veulent évidemment pas échanger notre bouteille contre la leur. Ils ne veulent même pas nous en débarrasser (on repartira donc avec). Mais pour nous en vendre une avec un nouveau détendeur (car cette bouteille est 'spéciale Canaries') il faut absolument un installateur de gaz agréé qui vienne effectuer l'installation sur le bateau. Ceci pour leur responsabilité et pour la rentrer sur l'ordinateur. Finalement , ils finissent par me renvoyer à la pompe à essence où je peux acheter en deux minutes une bouteille et un détendeur canariens. Quand à l'ancienne bouteille, personne n'en veut et j'ai tout de même des scrupules à la jeter par dessus bord par mille mètres de fond, car ça n'a beau être que de l'acier et du gaz naturel, je ne sais pas comment la bouteille de gaz va se comporter lors de sa descente. Va-t-elle s'écraser et laisser partir le gaz ? Est ce que la pression ne va tout simplement pas enfoncer la bille et permettre au gaz de s'échapper, mais après ... la bouteille risque de remonter à la surface et devenir un danger pour la navigation ? Est ce que la bouteille ne vas pas imploser trop près du bateau ? Bref, Jean-marc va beaucoup me soulager en me proposant de s'en débarrasser lui même.
  • Plier le Lazzy-bag sur sa bôme afin de faciliter les manœuvres de prise de ris.
  • Faire sécher le taud de soleil, car évidemment il s'est mis à pleuvoir la veille au soir et que ce matin , il y a encore plein d'averses !
  • Fixer le petit trimaran qui a tendance a un peu trop bouger sur les bossoirs arrières.
  • Envoyer les derniers mails.
  • Rembourser 2000 pesetas à Michel qui me les avait avancées.
  • Demander à Jean-Marc une copie de son CD de navigation, qui même s'il est sommaire par rapport au mien, a l'avantage d'avoir une carte d'arrivée sur Salvadore de Bahia au Brésil car je n'ai toujours pas réussi à en trouver une.
  • Faire le plein d'eau

Nous déjeunerons sur Jym-phis et après quelques verres de vin espagnol et beaujolais, nous serons prêts à partir. Il est tout de même déjà 16h00 !

Les adieux sont rapides, nous ne reverrons Jean-Marc, Anne, Alexis et Julien que l'été prochain au mieux, cela faisait tout de même deux mois que nous naviguions ensemble. Quand à Michel et Sandrine (dit Chouchou) sur Uhaïna, ils doivent nous rejoindre trois jours plus tard au Cap-Vert. Avec leur catamaran Venezia 42, ils doivent nous accompagner au Brésil et faire la remontée de l'Amazone avec  nous. 

Cela fait trois semaines que nous sommes au port et il va falloir ré amariner mon petit équipage. Pour cela, je décide de ne mettre que le génois pour descendre le long de Ténériffe durant la nuit. En effet, ce coin est réputé pour ses rafales de vent qui nous ont d'ailleurs surpris 10 ans avant sur le TIKI. Et bien cette fois ci encore, malgré le fait de m'être éloigné à deux miles de la côte, le vent va passer rapidement de 15 à 35 nœuds. Au moment d'enrouler un peu le génois, il va se coincer avec seulement deux tours et du coup je me retrouve obligé de barrer pendant une heure le bateau car le pilote n'arrive pas à bien réagir avec ce bateau complètement déséquilibré. Ce petit sport va mettre à mal Nicolas et Corinne qui vont avoir rapidement la tête au fond du seau. Ophélie et Yoann vont rapidement aller se coucher.

Une fois passé Ténériffe, le vent va redescendre à 20 nœuds et nous pourrons reprendre un rythme normal malgré la forte houle d'arrière.     

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