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C'est sur, aujourd'hui nous quittons les Canaries pour le Cap-Vert. En y
pensant le matin, je n'arrive plus à dormir et me lève à 5h00 pour établir
la liste des choses à effectuer avant de partir :
- Trouver des rondelles pour mon moteur, celles qui fuient de temps
en temps et grâce auxquelles le bateau sent bon le gas-oil. Finalement, je
n'en trouverai pas et appliquerai la méthode que m'a donné un Belge à
Gibraltar : "Recuire à rouge la rondelle de cuivre sur la gazinière
et la remettre en place". J'ai appliqué cette méthode et ça marche
super.
- Ranger le spinnaker qui encombre la chambre de Yoann. En
effet le voilier qui devait me refaire un sac à spi neuf est venu la veille
au soir me ramener l'ancien en s'excusant car il n'a pu trouver à temps du
tissu pour le réaliser. Il a néanmoins recousu tant bien que mal l'ancien
et n'a surtout pas voulu que je le paye.
- Ranger la bouteille de gaz : C'est toute une histoire ce gaz. A
bord, j'ai fait installé une bouteille de 13 kg dans un coffre au pied de
mat. Marque espagnole REPSOL en me disant qu'il sera plus facile dans le
futur de trouver des bouteilles équivalentes aux Canaries ou dans les pays
hispaniques. Lorsque j'étais à Madère, en rentrant au bateau, j'ai vu un
camion qui remplaçait des bouteilles de gaz dans un café, et en les
regardant bien, c'était les mêmes que la mienne. Je bondis sur l'occasion
et pour 200 FRF en achète une autre de remplacement car la première va
bien finir par s'épuiser. Arrivé aux Canaries, je vérifie tout de même
que la seconde se monte correctement sur mon détendeur : Et bien non ! Ce
n'est pas tout à fait le même embout. Je vais voire Jean-marc, qui lui a
acheté à Madère la bouteille et son détendeur : C'est encore un autre
modèle. Pendant deux jours , je vais attendre le camion de gaz et puis
finalement, grâce à l'aide de Michel, nous partons un beau matin en
voiture pour trouver une pompe à essence où échanger ma bouteille de gaz
de Madère contre une autre espagnole que je pourrai monter sur mon
détendeur. Au bout d'une heure, nous trouvons une pompe à essence 'EPSA',
le gars nous dit qu'il faut aller au bureau juste à coté. En fait de
bureau, c'est le siège social d'EPSA et nous nous trouvons tous les deux,
armés de notre bouteille au milieu d'un grand service. Nous allons y passer
1 heure avec cinq personnes autour de notre cas. Ils ne veulent évidemment
pas échanger notre bouteille contre la leur. Ils ne veulent même pas nous
en débarrasser (on repartira donc avec). Mais pour nous en vendre une avec
un nouveau détendeur (car cette bouteille est 'spéciale Canaries') il faut
absolument un installateur de gaz agréé qui vienne effectuer
l'installation sur le bateau. Ceci pour leur responsabilité et pour la
rentrer sur l'ordinateur. Finalement , ils finissent par me renvoyer à la
pompe à essence où je peux acheter en deux minutes une bouteille et un
détendeur canariens. Quand à l'ancienne bouteille, personne n'en veut et
j'ai tout de même des scrupules à la jeter par dessus bord par mille mètres
de fond, car ça n'a beau être que de l'acier et du gaz naturel, je ne sais
pas comment la bouteille de gaz va se comporter lors de sa descente.
Va-t-elle s'écraser et laisser partir le gaz ? Est ce que la pression ne va
tout simplement pas enfoncer la bille et permettre au gaz de s'échapper,
mais après ... la bouteille risque de remonter à la surface et devenir un
danger pour la navigation ? Est ce que la bouteille ne vas pas imploser trop
près du bateau ? Bref, Jean-marc va beaucoup me soulager en me proposant de
s'en débarrasser lui même.
- Plier le Lazzy-bag sur sa bôme afin de faciliter les manœuvres de
prise de ris.
- Faire sécher le taud de soleil, car évidemment il s'est mis à
pleuvoir la veille au soir et que ce matin , il y a encore plein d'averses !
- Fixer le petit trimaran qui a tendance a un peu trop bouger sur les
bossoirs arrières.
- Envoyer les derniers mails.
- Rembourser 2000 pesetas à Michel qui me les avait avancées.
- Demander à Jean-Marc une copie de son CD de navigation, qui même
s'il est sommaire par rapport au mien, a l'avantage d'avoir une carte
d'arrivée sur Salvadore de Bahia au Brésil car je n'ai toujours pas
réussi à en trouver une.
- Faire le plein d'eau
Nous déjeunerons sur Jym-phis et après quelques verres de vin espagnol et beaujolais,
nous serons prêts à partir. Il est tout de même déjà 16h00 !
Les adieux sont rapides, nous ne reverrons Jean-Marc, Anne, Alexis et Julien
que l'été prochain au mieux, cela faisait tout de même deux mois que nous
naviguions ensemble. Quand à Michel et Sandrine (dit Chouchou) sur Uhaïna,
ils doivent nous rejoindre trois jours plus tard au Cap-Vert. Avec leur
catamaran Venezia 42, ils doivent nous accompagner au Brésil et faire la
remontée de l'Amazone avec nous.
Cela fait trois semaines que nous sommes au port et il va falloir ré amariner
mon petit équipage. Pour cela, je décide de ne mettre que le
génois pour descendre le long de Ténériffe durant la nuit. En effet, ce coin
est réputé pour ses rafales de vent qui nous ont d'ailleurs surpris 10 ans
avant sur le TIKI. Et bien cette fois ci encore, malgré le fait de m'être
éloigné à deux miles de la côte, le vent va passer rapidement de 15 à 35 nœuds.
Au moment d'enrouler un peu le génois, il va se coincer avec seulement deux
tours et du coup je me retrouve obligé de barrer pendant une heure le bateau
car le pilote n'arrive pas à bien réagir avec ce bateau complètement déséquilibré.
Ce petit sport va mettre à mal Nicolas et Corinne qui vont avoir rapidement la
tête au fond du seau. Ophélie et Yoann vont rapidement aller se coucher.
Une fois passé Ténériffe, le vent va redescendre à 20 nœuds et nous
pourrons reprendre un rythme normal malgré la forte houle d'arrière.
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